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«Falungong, secte chinoise. Un défi au pouvoir», Maria Hsia Chang, Autrement, 2004

Depuis 1999, la société religieuse sectaire "Falungong" fait l'objet d'une véritable répression de la part des autorités chinoises. En raison de sa popularité et de son implantation fulgurante en Chine et dans le reste du monde, cette secte est considérée par Pékin comme une organisation dissidente et une menace politique. Dans un nouvel essai de la collection CERI aux éditions Autrement, Maria Hsia Chang, chercheuse à l'Université de Yale, aux Etats-Unis, dénonce l'attitude du gouvernement chinois et revient sur l'essor de cette organisation.

Le 25 avril 1999, près de 16 000 personnes se rassemblent à Pékin sous les fenêtres du quartier général du Parti communiste chinois. Membres de la secte " Falungong ", elles revendiquent le droit de pratiquer librement leur engagement spirituel. " Les participants avaient réussi, avec calme et sérénité, à organiser la plus grande manifestation jamais vue en République populaire de Chine depuis le mouvement pro-démocratique de 1989 ", note l'auteur. Depuis ce rassemblement pacifique, les autorités chinoises ont engagé la machine répressive contre les adeptes de cette secte. Interdiction, révision du Code pénal, arrestation des membres, tortures ou encore transfert dans des camps de travail ou des hôpitaux psychiatriques… Tout les moyens sont bons pour éradiquer cette secte chinoise, à l'origine de la rébellion d'avril 1999. Pourquoi un tel acharnement ? Selon Maria Hsia Chang, les autorités se sont déchaînées sur cette organisation car elle s'apparente aux anciennes sociétés religieuses sectaires (Le Lotus Blanc, Les Huit Diagrammes, Les Boxeurs) qui ont été impliquées dans presque toutes les révoltes paysannes de l'histoire de la Chine. L'émergence d'une nouvelle secte est considérée comme une menace pour le pouvoir politique en place. Fondée en 1992 par Li Hongzhi, un ancien petit fonctionnaire de province, Falungong est une secte spirituelle issue du Qijong (au sens littéral " exercice du souffle vital "). " Li Hongzhi élabora sa propre version du Qijong, associant divers éléments de croyances chinoises traditionnelles telles que bouddhisme et taoïsme, pour créer un nouveau mouvement religieux, la secte syncrétique Falungong ", précise la chercheuse. Elle puise son système de croyances dans les ressources spirituelles et religieuses de la Chine et sa vocation est apocalyptique et millénariste.

Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement chinois, cette secte est néanmoins loin d'être dangereuse. La vraie menace, c'est la nature autoritaire du régime politique chinois. Ainsi, le dernier chapitre du livre dénonce la persécution systématique par le parti communiste chinois de toutes les confessions. " Aussi longtemps que persisteront les problèmes de société qui engendrent l'avènement de sectes millénaristes, et que le gouvernement chinois s'entêtera dans sa répression de la société civile et la persécution des religions, il est fort probable que Pékin ne réussira pas à empêcher l'apparition d'autres mouvements religieux, même en éradiquant totalement Falungong. (…) En perpétuant l'intolérance traditionnelle de l'Etat chinois vis-à-vis des confessions " hétérodoxes ", le Parti communiste risque de connaître le même sort. ", conclut Maria Hsia Chang…

Par Julien Nessi - Janvier 2005
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