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«L'Etat voyou », William Blum. Editions Parangon.

Guidée jusqu'à la fin de la Guerre Froide par la lutte contre le communisme, la politique étrangère américaine est aujourd'hui déterminée par la lutte contre le terrorisme et contre la drogue. De nouvelles batailles contre de nouveaux périls mais une même contradiction entre les déclarations américaines et les faits, un même désir d'hégémonie politique, économique et militaire. Voilà ce que dénonce William Blum dans son livre L'État voyou. Ancien fonctionnaire du département d'État, conduit à renoncer de par ses convictions personnelles à sa carrière politique (notamment de par son opposition à la guerre du Viêt-Nam), l'auteur, aujourd'hui journaliste indépendant, retrace plus de 60 ans de politique étrangère américaine, et d'interventions à travers le monde pour en exposer le caractère belliciste, hypocrite et destructeur. Si de nombreuses actions font déjà partie de l'histoire, d'autres sont probablement inconnues du grand public. Dénonciation du "djihad américain".

" Si ce qu'on fait les pirates de l'air n'est pas excusable, ce n'est en aucun cas inexplicable ". Ainsi débute l'État voyou. Les États-unis pensent avoir été attaqués à cause de leur liberté, de leur démocratie, de leur richesse. Il n'en serait rien. " Très souvent, la cause profonde des actions terroristes est une riposte à des actes perpétrés par les Etats-Unis ", souligne William Blum. L'histoire a démontré une corrélation entre l'engagement américain sur la scène internationale et l'accroissement d'actes terroristes contre les États-Unis. Les attaques terroristes du 11 septembre pourraient-elles, alors, être considérées comme une "vengeance" consécutive à la politique extérieure de Washington ? Par exemple, contre les bombardements du Liban en 1983, de la Libye en 1984, de l'Irak en 1991, de la destruction en plein vol d'un avion de ligne iranien, des pilonnages du Soudan en 1998, contre la présence militaire et technologique américaine sur la terre la plus sacrée de l'islam, l'Arabie Saoudite, et ailleurs dans le golfe Persique ? Le 11 septembre envisagé comme un "châtiment"… L'auteur ne défend pas cet argument. Il dénonce avant tout, dans son ouvrage, l'hypocrisie du gouvernement américain et l'obscurantisme de ceux, jugés trop nombreux, qui se sont réfugiés aux lendemains du 11 septembre dans un patriotisme aveugle, oubliant les agissements de leur propre gouvernement.

"L'usage de la force et de la violence contre des personnes et des biens pour intimider ou contraindre un gouvernement, une population civile ou une partie de celle-ci, en vue d'objectifs politiques et sociaux " est la définition donnée par le FBI du terrorisme international. Un cadre dans lequel rentreraient aussi un grand nombre des interventions américaines menées à travers le monde depuis la seconde guerre mondiale. À en croire cette définition, les États-Unis seraient finalement la première nation terroriste au monde. Voilà la thèse que William Blum avance dans la première partie de son ouvrage. Un grand nombre d'exemples viennent appuyer l'argument. Pendant la Guerre Froide, que n'ont pas fait les États-Unis, en effet, afin d'atteindre leur objectif proclamé, celui d'éradiquer le communisme ? Les bombardements du Viêt-Nam, du Cambodge, du Laos, du Panama, ne relèvent-ils pas de la définition du terrorisme international ? Les États-Unis n'ont-ils pas, afin d'atteindre leur objectif, commis des actes d'une extrême violence ? L'auteur rappelle les faits. " Sous la bannière ondulante de la croisade contre le communisme et au nom de la liberté ", les Etats-Unis ont orchestré plusieurs tentatives de coups d'État contre des dirigeants "jugés trop à gauche ou trop neutres". Sukarno en Indonésie, Jacabo Arbenz au Guatemala, Figueres au Costa Rica, Lumumba au Congo, Jao Goulot au Brésil, Victor Paz en Bolivie, Salvador Allende au Chili, Fidel Castro à Cuba n'en sont que quelques exemples, auxquels il faudrait ajouter des tentatives contre des dirigeants en Angola, aux îles Grenades, Fidji, en Albanie, en Guyane britannique ou encore en Équateur. Ce faisant, ils ont porté des dictateurs au pouvoir, qui pourraient être qualifiés, si l'on s'en tient à la définition du FBI, de terroristes. Blum retrace ainsi l'accession au pouvoir de nombreux dictateurs, par exemple celles du Général Suharto et des militaires indonésiens ("dictature marquée par une série d'événements tragiques : massacres de communistes, de sympathisants communistes, de prétendus sympathisants communistes, dont il a été prouvé qu'une grande partie avait été livrée à l'armée du pays par l'ambassade des États-Unis") , de Mobutu (" notre meilleur ami en Afrique ", répétera G. Bush, malgré les 30 ans de répression et corruption) , du Chah d'Iran ("qui engendrera plus de 25 ans de torture et de répressions "). Et que dire de la responsabilité américaine dans l'instauration de la plupart des dictatures d'Amérique Latine ? Entre autres exemples cités dans l'ouvrage, des 15 ans de dictature au Brésil, du Parlement fermé, de l'opposition politique promise à une mort virtuelle, de l'interdiction de la critique de la politique présidentielle, des manifestations réprimées ? De l'avènement de Pinochet au pouvoir ? Du soutien américain au dictateur péruvien Fujimori dans les années 90, autocrate proclamé et condamné par Amnesty International ? Ou encore du soutien à Duvalier, "Papa Doc", en Haïti ? De l'appui à Pol Pot, qui aurait bénéficié de l'aide américaine après l'invasion du Cambodge, dans une ultime tentative d'humilier le Viêt-Nam ?

Blum ajoute pour appuyer sa thèse que les États-Unis, notamment via la CIA , ont également soutenu des groupes paramilitaires, souvent composés de tortionnaires (en Grèce, au Guatemala, au Honduras, au Brésil, en Argentine..), eux-mêmes responsables d'actes terroristes contre leurs propres populations. Il accuse les États-Unis d'avoir non seulement soutenu ces " terroristes ", mais aussi de les avoir formés. Les liens entre la CIA et de nombreux tortionnaires seraient ainsi plus étroits que ceux mis à jour dans les années 80.

Blum révèle en effet dans son ouvrage que des milliers de policiers et de militaires sud-américains furent formés aux États-Unis, à la " School of America's ", en Géorgie, aussi appelée par la presse d'Amérique Latine " la escuela de golpes " (l'école des coups d'État). Le fait fut reconnu par Kennedy. Des militaires furent ainsi formés à la contre-insurrection, aux tactiques d'infanterie, au renseignement militaire, à étouffer la dissidence, et furent en outre formés à " l'exploitation des ressources humaines " (titre d'un manuel de la CIA datant de 1983), c'est-à-dire aux techniques d'interrogatoires, à l'utilisation de pressions psychologiques, des instruments de tortures, de l'asphyxie, etc. … Certains de ces manuels furent également utilisés par les services de la sécurité intérieure grecque (le KYP) et iranienne (la SAVAK). L'un deux, fourni à la SAVAK et retrouvé en 1979, expliquait comment torturer les femmes. Ainsi ont été formées les " armées mandataires " de Washington, comme celle des Contras, au Nicaragua., afin d'empêcher l'arrivée des sandinistes au pouvoir, considérés comme des communistes. " Ce fut une guerre totale ", explique l'auteur, " visant à saboter les programmes sociaux et économiques du gouvernement par la destruction d'écoles, de centres médicaux, le viol, la torture, la pose de mines dans les ports, les bombardements et autres mitraillages . Voilà la mission de ces chers messieurs que Reagan appelle volontiers les " soldats de la liberté ". Et au peuple américain de croire, dans son infinie sagesse, que son gouvernement a toujours été animé par des motifs humanitaires, agissant au nom du bien et de la démocratie. Comment peuvent-ils croire cela ? "

William Blum rappelle également que, lors de leurs interventions, les États-Unis ont de nombreuses fois bafoué leurs propres principes et agit dans le sens contraire à celui de leurs objectifs proclamés. Les États-Unis ont écrasé des mouvements populaires et nationalistes (au Salvador, en Bolivie, en Grèce, au Guatemala, au Brésil, en Argentine, au Honduras), ont renversé des gouvernements élus, à l'instar du Premier ministre iranien Mossadegh et du Premier ministre irakien, Abdul Karim Kassem, respectivement balayés en 1953 et 1963 par des coups d'états organisés par la CIA avec la complicité des services secrets britanniques, comme le révélèrent des documents secrets déclassifiés du gouvernement britannique dans les années 1990.

Grâce à des associations souvent créées ad hoc, l'auteur signale que les États -Unis ont influencé des élections, perverti des démocraties (en Bolivie, en Grèce, au Salvador, en Albanie, en Bulgarie dans les années 80 et ailleurs). Si les exemples sont nombreux, le plus choquant est sans doute celui de l'Afrique du Sud et de Mandela, envoyé en prison par la CIA. L'ANC était un mouvement nationaliste progressiste dont l'influence s'était manifestée dans d'autres pays africains. Voilà pourquoi il était perçu par Washington comme un élément du légendaire complot communiste international, explique William Blum. Mandela était recherché depuis 17 mois lorsqu'il fut arrêté par les services secrets sud-africains, renseignés par un agent de la CIA, Donald C.Richard, qui aurait lui-même obtenu ces informations d'un informateur de l'ANC. Le fait n'est apparemment pas hypothétique. " Après la libération de Mandela, on a demandé à la Maison-Blanche si G.Bush avait l'intention de présenter ses excuses pour la responsabilité des États-Unis dans cette affaire. Certes, la Maison-Blanche aurait pu démentir catégoriquement les bruits qui depuis longtemps circulaient à ce sujet. Au lieu de cela son porte-parole, Marlin Fitzwater, répondra : " Cela s'est produit sous Kennedy. Ne me faites pas de reproches pour des actes commis par les hommes de Kennedy " ". C'est là la force de l'État Voyou : les parallèles sont basées sur l'histoire, les accusations sur des déclarations officielles. À en croire l'ouvrage de William Blum, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les États-Unis auraient bombardé plus de 25 pays, auraient tenté de renverser plus de 40 gouvernements étrangers, d'influencer la vie politique de plusieurs pays, d'écraser une trentaine de mouvements populaires, causant le décès de plusieurs milliers de personnes . "Une telle politique " fait-il remarquer, " rentre parfaitement dans le cadre que donne le FBI du terrorisme international ".

" Un Etat voyou contre le monde "

" Loin d'être alimentée par une dévotion à quelque espèce de moralité, ni même de la simple décence, l'étude des interventions américaines montre que la politique étrangère sert des impératifs ". Ainsi, selon l'auteur, il s'agissait moins, pendant la Guerre Froide, de contenir un communisme mauvais que d'empêcher l'émergence de tout modèle " qui pouvait être une alternative réussie au modèle capitaliste, de prévenir l'essor d'une puissance régionale qui pouvait menacer la suprématie américaine afin d'étendre l'hégémonie politique, économique et militaire, sur la plus grande partie de la Terre ". Cela serait toujours valable aujourd'hui. Une note du département de la Défense révélée dans le New York Times en 1992 dit en effet : " Notre premier objectif est de prévenir l'émergence d'un nouveau rival. Nous devons maintenir les mécanismes de dissuasion des candidats potentiels ". Communiste aurait été simplement le nom donné à tous ceux qui se trouvaient en travers du chemin. Ainsi, le Premier ministre iranien Mossadegh et le Premier ministre irakien Kassem, entre autres exemples, n'auraient eu d'autre tort que celui d'avoir pour leurs régions de trop grandes ambitions. L'auteur souligne que Mossadegh, élu à la tête du gouvernement iranien avec une large majorité parlementaire, fut renversé alors qu'il venait de lancer un processus visant à la nationalisation d'une compagnie pétrolière britannique, la seule à exploiter le pétrole en Iran. Kassem, quant à lui, contribuait à la création de l'OPEP et d'une compagnie pétrolière nationale. Les Américains, dans leurs interventions, n'auraient rien cherché d'autre qu'influence et contrôle, l'un des impératifs de leur politique extérieure.

Qu'en est-il d'aujourd'hui ? L'Amérique s'en irait en guerre contre les nouveaux périls pour servir un autre de ses impératifs, celui " d'améliorer le bilan des fournisseurs de la défense, qui ont généreusement cotisé auprès des membres du Congrès et des résidents de la Maison-Blanche ". " Sans ennemis, l'Amérique est une nation sans but, qui n'existe pas ". Et peu importe si, dans ses nouvelles batailles, l'Amérique se bat contre ses propres enfants. Blum démontre en effet que les États-Unis ont eux-mêmes formé les terroristes qu'ils disent vouloir, aujourd'hui, combattre. La guerre en Afghanistan, à la fin des années 70, fut en effet l'occasion de ralliement de nombreux musulmans fanatiques, formés par les États-Unis avant l'invasion Soviétique afin d'attirer l'URSS dans un "guêpier " et "lui donner sa guerre du Viêt-Nam ". Les déclarations d'un conseiller pour la sécurité nationale de l'époque reprises dans l'ouvrage sont étonnantes. Une ironie de l'histoire ? Blum, qui souligne que la croisade contre le terrorisme a permis aux Etats-Unis d'installer, suite aux bombardements en Afghanistan, des bases militaires en Afghanistan, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Pakistan et en Ouzbékistan, ne semble pas le croire. " Depuis le 11 septembre, c'est tous les jours noël pour les dirigeants de la sécurité nationale et la cohorte de leur entreprise ". L'auteur rappelle, en outre, qu'à la suite de la guerre en Yougoslavie en 1999, les EU installèrent des bases au Kosovo, en Albanie et en Macédoine.

La lutte contre la drogue ? Elle permettrait aux Etats-Unis d'agir sous couvert de bonnes intentions afin d'étendre leur hégémonie et relèverait de la même hypocrisie. Il a en effet été établi par un rapport du Congrès publié en 1989 que les EU avaient encouragé le trafic de drogue en Amérique du Sud, notamment au Nicaragua, où celui-ci était la solution idéale au financement des Contras. Aujourd'hui encore, l'hyperpuissance soutiendrait le trafic de drogue en Colombie.

L'attitude des EU vis-à-vis des armes de destruction massive relèverait, elle, " d'une hypocrisie si impudente qu'elle force le respect ". L'auteur signale que les États-Unis ont eux-mêmes utilisé ce type d'armes à plusieurs reprises, comme le démontre un rapport publié dans les années 90 par une commission scientifique internationale , qui conclut que les populations du VietNam, de la Corée, de la Chine, avaient effectivement été la cible d'armes bactériologiques, utilisées par des unités des forces armées américaines, notamment le napalm, agent hautement destructeur et cancérigène, auquel on associe des désordres métaboliques, des anomalies immunologiques, génétiques, mais aussi des troubles neuropsychiatriques. William Blum indique que les Etats-Unis utilisèrent également ce type d'armes contre le Panama dans les années 70 (gaz sarin, moutarde, acides, défoliants) et, plus tard, contre la Yougoslavie. Il a en effet été établi que, lors des bombardements de 1999, l'hyperpuissance avait utilisé de l'uranium appauvri et des bombes à fragmentation, reconnues par les organisations de défense des Droits de l'Homme comme des armes aveugles de destruction massive, dont l'usage est interdit par la convention de Genève. Quant à l'interdiction de la prolifération de ces armes, l'hyperpuissance n'en aurait que faire. L'auteur avance que les Etats-Unis auraient vendu des armes chimiques à la Thaïlande, Taiwan, la Corée, la Grèce, la Turquie, Israël, l'Arabie Saoudite, le Koweït …et l'Irak. D'après un rapport de la commission du Sénat en 1994, de 1985 à 1989, un véritable brouet d'agents biologiques aurait en effet été exporté vers l'Irak par des fournisseurs américains, à la demande et avec l'accord du département du Commerce. Les accusations portées contre le régime irakien ne semblent pas, sous cette lumière, être dénuées d'une certaine hypocrisie. " Combien d'Américains mettent aujourd'hui en doute le raisonnement de leur gouvernement ? " demande William Blum. Et combien savent qu'en 1997 le Sénat, alors qu'il ratifie la convention sur l'interdiction de la mise au point, de la production et du stockage des armes de destruction chimiques, y fait ajouter l'amendement suivant : " le Président peut refuser une requête d'inspecter des équipements des Etats-Unis, s'il estime que l'inspection présente une menace pour la sécurité du pays et le reste du monde ".

À en croire le livre de William Blum, les États-Unis, sans égard pour leurs propres lois ni pour les lois internationales, poursuivraient " leur djihad pour imposer le fondamentalisme capitaliste au monde ". Leur ultime objectif ? Celui de " rendre le monde ouvert à la globalisation ". C'est en son nom, d'après l'auteur, que l'hyperpuissance soutiendrait aujourd'hui des militaires au Mexique, afin de traquer les zapatistes, dont les exigences seraient incompatibles avec l'Accord de libre-échange de l'Amérique du Nord, l'ALENA. C'est encore en son nom qu'ils auraient agi, lors d'une conférence sur l'alimentation organisée par l'ONU en 1996. Blum rappelle que les Etats-Unis y prirent position contre une résolution concernant le droit à l'alimentation, qu'ils refusèrent de signer, défendant le libre-échange comme la seule solution capable d'éradiquer la pauvreté et la faim. Il en irait de même des pressions exercées en 1998 sur l'Afrique du Sud par le vice-président Al Gore, qui menaçait le gouvernement d'Afrique du Sud de lourdes sanctions commerciales s'il n'abandonnait pas son projet d'utiliser, contre le SIDA, des médicaments génériques moins chers, ce qui aurait amputé des ventes aux États-Unis.

" L'empire américain ? Un oxymore. ", conclut William Blum. La libre entreprise et la globalisation ? Un système auquel, comme tendrait à démontrer le nombre croissant de manifestations anti-mondialisation à travers les Etats-Unis, la plupart des Américains ne croiraient même pas.

L''État Voyou est une dénonciation argumentée de la politique américaine, basée sur une recherche impressionnante. L'auteur s'appuie sur des sources officielles, toutes citées en fin d'ouvrage. Les mises en accusation sont graves mais cependant justifiées, pour la plupart, par des déclarations qu'ont pu faire les dirigeants eux-mêmes. " Le livre que les puissants ne veulent pas que vous lisiez ", ironise William Blum, qui se définit lui-même comme un provocateur impénitent. L'État Voyou pose néanmoins une question fondamentale : que reprochent les États-Unis aux Etats dits " voyous " qu'ils ne pourraient se reprocher à eux-mêmes ?

Par Karen Loquet- Mars 2003

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