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« Asie centrale, la dérive autoritaire », Marlène Laruelle et Sébastien Peyrouse, CERI/Autrement, 2006

Région longtemps restée à l'ombre de la Russie tsariste, puis soviétique, l'Asie centrale a émergé sur la scène internationale après la chute du communisme. Voilà maintenant plus de quinze ans que ces cinq Etats d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) sont indépendants. Le bilan politique, économique et social n'est guère réjouissant : dérive autoritaire, mise sous tutelle de la société civile, privatisation des richesses, népotisme du clan présidentiel, appauvrissement de la population, instrumentalisation politique de la lutte contre le terrorisme après le 11 septembre… Un diagnostic plutôt négatif, décrit avec précision dans cet ouvrage, écrit à quatre mains.

Les auteurs, spécialistes de la région à l'Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales), brossent un portrait sans complaisance de l'évolution de ces cinq Républiques centre-asiatiques. Les espoirs de changement et de démocratisation nés au lendemain de la chute de l'URSS n'ont finalement rien donné, si ce n'est un durcissement autoritaire des régimes en place. " Les cinq Etats, malgré leurs différences de parcours, ont tous joué la carte de l'absolutisme éclairé, présentant leur autoritarisme comme un paternalisme nécessaire face à la jeunesse de leur Etat et à la prétendue immaturité du peuple vis-à-vis de la démocratie ", expliquent-ils.

Aujourd'hui, la région est à la croisée des chemins. Des échéances électorales de première importance sont prévues en 2006 et 2007 pouvant ouvrir la voie au changement. Selon nos auteurs, toutes les hypothèses sont à envisager en fonction des configurations de chaque pays : révolution de palais, révolution " florale " sur le modèle des révolutions géorgienne, ukrainienne et kirghize, vagues de violence avec répression du pouvoir… L'alternance par les urnes semble difficile tant les pouvoirs en place ont verrouillé le système. " Pour le Turkménistan, il semble difficile d'envisager une solution autre que la révolution de palais (…) Au Tadjikistan et au Kazakhstan, l'éventualité d'une " révolution " n'est pas à exclure si les chefs d'Etat refusent à céder leur place (…) C'est en Ouzbékistan que la situation est la plus incertaine, et divers scénarios peuvent être envisagés ", préviennent Marlène Laruelle et Sébastien Peyrouse.

Par Julien Nessi - mai 2006
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