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«Qui finance le terrorisme international. IRA, ETA, Al-qaïda… Les dollars de la terreur», Loretta Napoleoni, Editions Autrement

Véritable enquête sur la dimension économique du terrorisme, le livre de Loretta Napoleoni constitue un document de référence sur la question. L'auteur, journaliste et économiste, a mené l'investigation sur les organisations terroristes, leurs ressources et leurs modes de financement, interviewant d'anciens terroristes et des spécialistes de l'espionnage, dans de nombreux pays. Elle décrypte, chiffres, témoignages et faits à l'appui, cette nouvelle économie de la terreur, qui représente, selon Loretta Napoleoni, près de 1 500 milliards de dollars, équivalent à 5% du PIB mondial.

" Les stupéfiants comptent pour 300 à 500 milliards de dollars, la contrefaçon et le trafic d'armes, de marchandises et d'êtres humains représentent entre 150 et 470 milliards, et les crimes informatiques 100 milliards ", précise-t-elle. Tout au long de son enquête, construite à la manière d'un polar de la finance et très accessible, elle s'attache à montrer à quel point l'économie criminelle, qu'elle soit mafieuse ou terroriste, est aujourd'hui dans une relation d'interdépendance avec les économies de marché occidentales. La fin de la guerre froide, l'accélération de la mondialisation ou encore l'émergence des nouvelles technologies de l'information, Internet en tête, ont permis aux réseaux de la terreur de prospérer. Son investigation fait également la part belle à l'analyse du financement du terrorisme islamiste, de l'Arabie Saoudite au réseau des mosquées dans le monde. Selon elle, la nouvelle économie de la terreur " affaiblit les Etats en place et favorise la formation de proto-Etats - les entités constituées autour de l'économie des conflits armés, soutenues par des groupes terroristes ". L'économiste et journaliste italienne s'inquiète également, à la fin de son ouvrage, de l'inefficacité de l'Europe pour faire face aux nouvelles formes de cette économie de la terreur.
" Les limites de la politique européenne, en matière de lutte contre le terrorisme, vont de l'absence d'une définition commune du phénomène, que certains pays n'ont pas encore intégrée, à l'incapacité d'instaurer la surveillance des comptes bancaires ou de mettre en œuvre des mesures telles que le mandat d'arrêt européen, approuvé pourtant depuis deux ans. Le montant des fonds gelés depuis le 11 septembre - 40 millions de dollars environ - souligne l'inefficacité du Vieux Continent ".

Par Julien Nessi - Juillet 2005
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