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Laurent Vinatier : «L'islam radical existe en Asie centrale depuis le XIXème siècle»
Juillet 2003 - Propos recueillis par Dimitri Beck

L'internationale islamiste et terroriste, à la mode depuis le 11 septembre 2001 avec les attentats aux Etats-Unis, prend-t-elle aussi racines en Asie centrale ? L'espace ex-soviétique centrasiatique est-il sous l'emprise de la mouvance d'Al-Qaida et des sbires de Ben Laden ? Le livre " L'islamisme en Asie centrale. Géopolitique et implantation des réseaux religieux radicaux dans les Républiques d'Asie centrale " (Editions Armand Colin, Collection L'Histoire au présent) de Laurent Vinatier lève le voile sur l'islam atypique de cette contrée au carrefour entre Orient et Occident. Après 18 mois passés dans la région, l'auteur livre une photographie détaillée de l'islamisme en Asie centrale. Que revendiquent les mouvements islamistes d'Asie centrale ? D'où proviennent leurs leaders ? Quelle est leur audience parmi la population centrasiatique ? Autant de questions sur lesquelles Laurent Vinatier revient pour Cyberscopie.

Cyberscopie - L'idée à la mode d'une internationale islamiste et terroriste se confirme-t-elle à travers vos recherches en Asie centrale ?

Laurent Vinatier - «Le livre est lié à l'actualité du 11 septembre 2001 et en rapport sur tout ce que l'on pouvait dire sur la montée de l'islamisme et l'émergence d'une nouvelle structure, un nouveau commandement qui serait unifié sous les ordres de Ben Laden. C'est cette piste qui m'a interpellé. Je me suis alors posé la question, est-ce que les courants islamistes qui fonctionnent en Asie centrale participent de cette internationale islamiste. »

Et quelle est votre conclusion ?

Laurent Vinatier - «Je me suis rendu compte qu'à priori ce n'était pas le cas. L'idée de mon livre a été de montrer que les mouvements islamistes d'Asie centrale fonctionnent sur des problématiques locales. Ils sont alimentés par des questions et par des positionnements politiques propres à la région. Il n'y a pas de grande thématique générale ni mondiale. En cela, effectivement, ils n'appartiennent pas à la mouvance de Ben Laden. »

Pour résumer, vous en concluez qu'il n'y a pas de véritable lien fort entre les mouvements islamistes d'Asie centrale et la mouvance Al-Qaida et Ben Laden ?

Laurent Vinatier -«En fait, les mouvements islamistes d'Asie centrale se réfugiaient et s'entraînaient la plupart du temps en Afghanistan où, en tout cas, étaient abrités dans les camps dans le nord de l'Afghanistan. Ils profitaient ainsi de l'apport financier ou tout au moins en armes du groupe de Ben Laden. Là dans ce cas, on peut dire qu'il y avait un lien avec l'Afghanistan, mais qui était un lien pratique. Mais par ailleurs, il n'y avait pas de lien idéologique. C'est-à-dire que cela marchait dans un sens seulement. Par là, je veux dire que Ben Laden n'avait pas l'intention de prendre le pouvoir à Tachkent, la capitale ouzbèke, ni ailleurs dans la région. »

Pourtant certains discours des islamistes d'Asie centrale semblent reprendre des thèmes internationalistes ?

Laurent Vinatier - «Les mouvements d'Asie centrale s'appuient sur des problématiques locales pour recruter mais il est évident que leur discours est à résonance mondiale, c'est-à-dire qu'ils utilisent les grands thèmes de l'islamisme et du wahhabisme. Mais il faut bien faire une différence entre le discours de ces mouvements d'Asie centrale et leurs actions sur le terrain. Dans leurs brochures qu'ils distribuent partout, il est marqué qu'ils souhaitent un Etat islamique et qu'il advienne un califat. Ce sont les grandes idées mondiales, mais dans leurs actions de tous les jours, ils disent aux gens qui sont avec eux " il faut renverser tel pouvoir parce qu'il est corrompu et parce que vos enfants ne peuvent pas aller à telle école et parce que vous mourrez de faim à cause de tel président »

Que revendiquent les mouvements islamistes d'Asie centrale ?

Laurent Vinatier - «Ils ont un point commun qui est de renverser le pouvoir. Ce que je montre dans mon livre est qu'il y a deux grands courants actuellement en Asie centrale, c'est le MIO qui a été un peu décapité maintenant depuis le 11 septembre mais ce n'est pas exclu de le revoir renaître parce que ce n'est pas certain que ses chefs soient morts et le Hizb ut-Tahrir. Ces gens tiennent un discours révolutionnaires. Ils disent qu'ils veulent établir le califat et l'Etat islamique, etc. En vérité, ce discours sert véritablement à renverser le pouvoir pour le changer. On ne sait pas ce qui va arriver après. On dit que cela va être un Etat islamique mais en fait on ne va pas dire exactement ce que cela implique. Il n'y a jamais un seul discours du Hizb ut-Tahrir qui décrit ce que sera le nouveau pouvoir s'il parvient à renverser le président Karimov. Et c'est surtout vrai pour le Hizb ut-Tahrir [" Parti de la libération ", branche ouzbèke d'un parti fondé en Palestine en 1953 créée pour la restauration du califat]. C'est un des partis les plus secrets, dont on ne sait pas grand chose et qui pourtant est celui qui est le plus prospère et qui se développe le mieux. » [Voir le rapport récent de l'International Crisis Group (ICG) sur la question : " Radical Islam in Central Asia : Responding to Hizb ut-Tahrir " du 30 juin 2003].

Pour ceux qui connaissent mal la région, votre livre leur rappel que l'islam est très ancien en Asie centrale ?

Laurent Vinatier - «L'islam est arrivé très vite dans la région. Une fois que Mahomet a eu sa révélation, les Arabes se sont déplacés rapidement et dès le VIIIe siècle ils se sont bien implantés dans la région. Mais l'islam d'Asie centrale s'est véritablement fondu dans les communautés indigènes et dans les pratiques locales grâce notamment au soufisme. »

Quelles sont les grandes tendances et les particularités de l'islam d'Asie centrale par rapport à celui de l'Arabie Saoudite par exemple ?

Laurent Vinatier - «Pour répondre à cette question, il faut prendre une période historique parce que cela change tout le temps. Si par exemple, on prend la fin du XIXe siècle, on peut dire que l'islam d'Asie centrale est ouvert qu'il n'est pas du tout rigoriste et qu'il s'attache à l'identité. On dit à cette époque que l'on est ouzbek et musulman. Mais avant, vers 1500, l'islam est soufi d'inspiration persane qui se mélange à l'islam et là-dessus vient se greffer l'influence turque. C'est alors un mélange de plusieurs influences culturelles, perse et turque, qui font un islam centrasiatique. »

Depuis combien de temps pouvons-nous parler " d'islamisme " en Asie centrale ?

Laurent Vinatier - «En fait, depuis tout le temps. Si l'on dit que l'islamisme signifie l'islam politique, et que l'islam est appliqué à des fins politiques sous une forme ou une autre. Dans mon livre, je reviens un peu dans le passé pour montrer la forme dominante de l'islam politique en Asie centrale, s'il était de traditions radicales ou plutôt d'inspiration modérée comme le soufisme, qui était la forme de l'islam la plus répandue en Asie centrale de 1500 jusqu'aux années 1950. Le soufisme se disait lui-même apolitique. Il n'y avait pas de soufies qui étaient hommes politiques. Ils étaient seulement conseillers. Ils exerçaient une influence mais ils n'ont pas exercé le pouvoir et ne voulaient pas l'exercer. Donc leur islam n'était pas politique dans le sens où ils ne souhaitaient pas exercer le pouvoir mais il était politique dans le sens où ils exerçaient une influence auprès de ceux qui détenaient le pouvoir. »

S'il y a toujours eu un islam politique, à quand remonte l'islam que l'on pourrait caractérisé de radical ?

Laurent Vinatier - «On peut dire que l'islam radical existe en Asie centrale depuis le XIXe siècle. A ce moment là, il s'est opposé à une forme d'islamisme qui se voulait plus modernisateur, plus moderne. La tendance dominante alors était un courant que l'on appelle " djadid ", un renouveau au sens modernisateur et pacifiste. Le but était de promouvoir l'identité des peuples locaux, autochtones, ouzbeks, tadjiks, kazakhs, par rapport et pas forcément contre l'occupant russe. C'était l'élite intellectuelle locale, indigène, les penseurs, une élite qui a utilisé l'islam au profit de l'émergence d'une nouvelle identité. Ils courent vers 1880 jusqu'à 1925 où là, certains rejoignent les bolcheviks et participent à la révolution bolchevique et sont rapidement éliminés parce que la révolution ne va pas tenir ses promesses idéologiques. »

La colonisation tsariste puis soviétique ont donc contribué à cette radicalisation ?

Laurent Vinatier - «Effectivement . Ensuite, il y a eu les " basmatchis " [Mouvement d'opposition à l'instauration du pouvoir soviétique au Turkestan], dans les années 20-30. On peut y voir là une certaine continuité. Comme les " djadids " ont échoué, les " basmatchis " vont essayer de sauver l'identité par l'islam mais de manière plus violente. »

Et pendant la période soviétique à proprement parlé ?

Laurent Vinatier - «Il y a eu ce que l'on a appelé l'islam parallèle. Ce sont les élites au niveau local qui ont encadré l'islam populaire, celui qui était pratiqué en cachette des autorités soviétiques. Ceux qui encadraient cet islam dans la clandestinité ont été à l'origine des mouvements islamiques qui ont pu émerger dans les années 80. Ils ont ensuite conduit à la naissance d'un courant politique en Ouzbékistan et au Tadjikistan, en 1990-1991, le PRI [le Parti de la Renaissance Islamique]. Le PRI est donc la continuité de cet islam parallèle populaire.»

Qui lui-même a conduit au Mouvement Islamique d'Ouzbékistan…

Laurent Vinatier - «En 1991, lorsque des leaders du PRI [Parti de la Renaissance Islamique] se sont opposés au président Karimov qui était alors en campagne électorale. Il y a alors une opposition, fondée sur des bases politiques qui datent de 1990 et de la chute de l'Union soviétique. A ce moment là, deux mouvances ont émergé. L'une était représentée par les anciens apparatchiks qui ont voulu se transformer en démocratie. Ce n'était juste qu'une démocratie de nom. Et l'autre tendance était islamique au sens d'un islam politique. Cette situation était valable en Ouzbékistan et au Tadjikistan. Il y a un véritable courant politique qui existe dans la région et qui est fondé sur l'islam. En l'occurrence, il est plutôt modéré. Sauf qu'en Ouzbékistan, il s'est radicalisé au fil des années 90 pour éclater en 1999 au sein du MIO.»

Et à quand remonte l'émergence du Hizb ut-Tahrir en Asie
centrale ?

Laurent Vinatier - «Véritablement en 1999, après la répression en réaction à la tentative d'attentat contre le président ouzbek Karimov. Effectivement, la situation est devenue tellement plus dure au niveau des droits de l'homme et cela a été associé à la situation économique qui ne s'améliorait pas et même qui empirait. Ces deux phénomènes ont été les principaux moteurs de la montée de la cause islamiste pour le Hizb ut-Tahrir. Pour le MIO [Mouvement Islamique d'Ouzbékistan, issu du Parti de la Renaissance Islamique, en lutte contre Karimov, le président ouzbek, et qui souhaite créer un Etat islamique à partir de la vallée de Ferghana] en revanche, leur histoire est beaucoup plus politique. »

Peut-on dire que ces mouvements sont fondamentalistes ?

Laurent Vinatier - «Ils ont fondamentalistes dans leur discours. Mais, en vérité, ils ne sont pas fondamentalistes. Peut-être leurs chefs, ceux qui ont été éduqués dans les grandes universités islamiques en Egypte, en Jordanie. Mais les gens qui les suivent, qu impriment les brochures, qui vont recruter leurs voisins, etc., ne sont pas fondamentalistes. »

Comment faire la différence entre fondamentaliste, radicaliste et islamiste ?

Laurent Vinatier -
«A propos des fondamentalistes, j'en donnerai une définition idéologique du terme. Par exemple, on peut dire que les taliban étaient fondamentalistes. Idéologiquement, ils voulaient l'application de la charia comme programme politique. Les radicaux, eux le sont par rapport aux moyens " radicaux " qu'ils utilisent mais il n'y a pas de définition politique. »

Ils sont comme les fondamentalistes mais c'est la manière de l'exprimer qui fait leur caractéristique…

Laurent Vinatier - «Parce qu'il y a des fondamentalistes pacifiques comme les chefs du Hizb ut-Tahrir car jusqu'à récemment, ils n'ont jamais prôné la lutte violente. »

Et la notion d'islamiste qui est souvent associée au terrorisme ?

Laurent Vinatier - «Le terrorisme, c'est un mode d'action politique. C'est en fait la guerre du pauvre. Il ne faut pas assimiler islamiste et terroriste. Tous ceux qui veulent une application, même un tant soit peu politique de l'islam, peuvent être rangés sous le vocable d'islamistes. Sauf que aujourd'hui, un peu partout dans la presse, islamiste cela veut dire terroriste. Ou en tout cas personne dangereuse. Alors que non. Un islamiste peut discuter de manière complètement normale de politique avec n'importe qui. »

D'où proviennent les leaders d'Asie centrale ?

Laurent Vinatier - «C'est dur à dire. Pour le Hizb ut-Tahrir par exemple, on connaît très mal les leaders. C'est d'abord un mouvement jeune dans la région. En 1992, il y a eu une politique assez prosélytiste de l'Arabie Saoudite et de la Turquie pour développer des écoles religieuses en Asie centrale. Ca s'est arrêté parce que le gouvernement a mis le holà et a voulu contrôler la religion. Il y a eu des jeunes ouzbeks qui sont allés étudier en Arabie Saoudite, en Egypte et Jordanie. Ceux-là quand ils reviennent, à priori, on peut supposer qu'ils sont davantage sensibilisés aux thèmes islamiques et qu'ils sont davantage prêt à porter une cellule du Hizb ut-Tahrir par exemple. »

Est-ce à dire qu'il y a un islam d'importation ?

Laurent Vinatier - «Non. Parce qu'il n'y a aura pas d'influence wahhabite [Le Wahhabisme est un courant islamique rigoriste né en Arabie Saoudite aux XVIIIe siècle, fondé par Ibn Abd al-Wahhab prônant le retour à une stricte obéissance du Coran]. Les problématiques restent locales. Le wahhabisme leur sert à s'imposer par rapport aux autres. Ca leur sert à dire " moi je sais. J'ai été éduqué, j'ai appris et donc je peux être votre chef, contrôler et emmener une cellule ". Mais le moteur de leur militantisme reste très local. »

Pour résumer, la spécificité en Asie centrale est, que même s'il y a des importations d'idées et de manières de faire, les préoccupations des islamistes centrasiatiques sont avant tout locales…

Laurent Vinatier - «Exactement. C'est la raison pour laquelle il n'y avait aucune chance pour que les taliban exportent leur modèle en Asie centrale, cela ne pouvait pas marcher. »

Quelle est leur audience parmi la population ?

Laurent Vinatier - «Le MIO n'avait pas une grande audience et principalement à la frontière tadjiko-kirghize et dans la vallée de Ferghana kirghize mais aujourd'hui ce n'est plus vrai, comme le mouvement a été décapité et que l'on ne sait pas où se trouvent leur chefs. Leur avantage, c'est qu'ils avaient des armes et qu'ils étaient entraînés. Mais le Hizb ut-Tahrir a une influence croissante. C'est très difficile d'apporter des preuves mais lorsque l'on est sur le terrain, on le ressent. Si la menace que représentait le MIO a diminué, le Hizb ut-Tahrir quant à lui continue de constituer une vraie menace. Il est fort dans le Ferghana ouzbek et kirghize, à Tachkent, dans le Sud du Kazakhstan et à Douchanbe. Il y avait un seul danger qui se présentait : c'était que le MIO parvienne à trouver des relais locaux au sein du Hizb ut-Tahrir et là il y aurait eu une vrai menace. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, le Hizb ut-tahrir seul du fait qu'il n'a pas de moyens aura difficilement un impact à court terme. Le MIO avait des moyens mais il n'est plus organisé et il n'a pas de base sociale au sein des républiques. Mais les deux ensembles, ils auraient pu avoir un impact à court terme, mais ça ne s'est pas fait. »

Y a-t-il un danger de radicalisation des régimes politiques du fait des mouvements islamistes ? Ou bien est-ce l'autoritarisme des régimes centrasiatiques qui ont entraîné la radicalisation des mouvements islamistes ?

Laurent Vinatier - «L'un va avec l'autre. Mais en fait, les régimes en eux-mêmes sont des dictatures. Et ils n'ont besoin de personne pour rester autoritaire. Le fait qu'ils soient autoritaires et que la situation économique en Ouzbékistan ne s'améliore pas ne font qu'accroître l'islamisme. Cela veut peut être dire que le régime va devenir de plus en plus autoritaire mais cela ne veut pas dire que l'islamisme qui existe dans ces pays là va provoquer une chute du régime. Le Hizb ut-Tahrir n'a pas les moyens pour l'instant de renverser le régime. »

C'est un peu le statu quo pour l'instant alors ?

Laurent Vinatier - «Oui, sauf que la situation économique est très grave, en tout cas pour l'Ouzbékistan. Et donc à mon avis, d'après ce que j'entends, ce qui se passe, ce sont des changements internes au pays et au sein du pouvoir. Il est tout à fait possible d'imaginer que le pouvoir se change lui-même. Karimov n'est pas immortel et il va bien falloir lui trouver un successeur. Donc c'est dans cette discussion là que ce trouve l'avenir de l'Ouzbékistan. »

C'est l'auto renouvellement du régime ou non qui est en
question ?

Laurent Vinatier - «Comment sera le successeur, aussi dur que lui, mais pas forcément avec le même passé soviétique, pas la même histoire, pas les mêmes relations avec les Russes ni avec les Etats-Unis. La vraie question en Ouzbékistan et en Asie centrale en général, ce n'est pas de savoir si l'islamisme est puissant ou pas et s'il va renverser le pouvoir, c'est plutôt comment le pouvoir va-t-il se renouveler et changer. »

Quel changement l'intervention américaine a-t-elle apporté dans la région ?

Laurent Vinatier - «L'intervention américaine a légitimé les régimes en place en Asie centrale, même si les Américains ne le voulaient pas forcément. Mais ils ne pouvaient pas faire autrement. »

C'était un peu la condition sine qua non pour lutter contre les " terroristes " ?

Laurent Vinatier - «C'est assez révélateur par le fait qu'ils aient essayé de motiver les pouvoirs à assouplir les règles et d'introduire un peu plus de droits de l'homme et de démocratie à condition de les aider économiquement. Ils ont pris acte que les régimes en place étaient comme cela.»

Existe-t-il une société civile en Asie centrale capable de réformer le pays ?

Laurent Vinatier - «Il n'y a pas de société civile. Les gens sont tous contrôlés. Ils font tous attention à ce qu'ils disent. Les personnes qui souhaitent mener des activités indépendantes sont reprises en main rapidement ou sont surveillées. On ne peut pas dire qu'il existe des associations indépendantes. Les journalistes ou les militants des droits de l'homme ne sont pas nombreux. »

Propos recueillis par Dimitri Beck

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A propos de Laurent Vinatier

Diplômé de l'Institut d'Etudes politiques, aujourd'hui jeune chercheur à l'Institut Choiseul pour la Politique internationale et la Géoéconomie, Laurent Vinatier est titulaire d'un DEA de géopolitique et d'un DESS de Défense (Paris-II). Il a passé 18 mois en Asie centrale en tant que coopérant du Service national. Il a également travaillé au Bureau du Conseiller spécial pour les Affaires d'Europe centrale et orientale du Secrétaire général de l'Otan et rédigé plusieurs rapports d'information pour l'organisation non gouvernementale International Crisis Group.